The Future Generation of Nip-Hop, by Simon de Pury
by pmaxwell, 30 May 2008

Takashi Murakami, "Kaikaikik News", 2001
La sortie récente du troisième album de Kanye West, Graduation, qui caracole en tête des hit-parades du monde entier, est remarquable en raison, d’une part, de la qualité intrinsèque de sa musique et d’autre part de sa superbe pochette réalisée par l’artiste japonais Takashi Murakami. Cette collaboration entre l’un des principaux protagonistes de la musique hip-hop afro-américaine et le chef de file de la culture pop japonaise n’est pas une première mais, au contraire, la confirmation d’une fascination mutuelle. On y observe deux phénomènes qui ont le plus marquee la «youth culture» internationale.
Le rap et l’avènement de la culture hip-hop, comme la culture pop japonaise, remontent l’un et l’autre au début des années 1980. Cette nouvelle musique, qui aurait pu être perçue comme une mode passagère, s’est imposée depuis lors durablement comme style, au même titre que le rock, le country, la pop ou le reggae. Si ses répercussions dans les arts visuels sont moins facilement identifiables, celles dans le domaine de la mode ou de la joaillerie le sont très nettement. Des bijoux tels que ceux créés par Jacob the Jeweller, le «Bling», représentent une contribution majeure dans un domaine où l’innovation est plutôt rare.
Les mangas, les dessins animés japonais, les jeux électroniques, les robots, la mode, l’architecture, la photographie et l’art possèdent une force, une qualité, exercent une influence omniprésente. Si plusieurs générations d’après guerre ont été essentiellement marquées par la culture américaine à travers les westerns, les «cartoons» deWalt Disney, les «comic heroes» tels que Superman, Batman ou autres, la jeunesse des années 1990 et 2000 se trouve avant tout sous l’impact de la culture pop japonaise.
Certes, des artistes tels que Takashi Murakami ou Yoshitomo Nara sont désormais solidement établis en tant que grandes vedettes sur le marché de l’art contemporain mais, pour le moment, les repercussions de ce double phénomène, la culture hip-hop afro-américaine et la culture pop japonaise, ne se sont pas encore fait sentir. Mais le mélange que je nommerai «nip-hop» est appelé à connaître un grand impact sur le marché de l’art et de la joaillerie, même si l’on en parle pour le moment moins que de l’éclosion de l’art contemporain russe, chinois ou indien.
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